Accueil > Revue de Presse > La Tribune : Le renflouement d’Euro Disney prend du retard

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Certains créanciers n’ont pas ratifié le projet de restructuration financière du groupe. L’action a atteint hier son plus bas niveau historique à 0,26 euro.Ensemble, faisons vivre la magie de Disney. »

Le slogan publicitaire d’Euro Disney résonne comme une supplique de l’exploitant français de parcs de loisirs envers ses banques créancières.Euro Disney a annoncé hier un report de deux mois, au 30 septembre, de l’approbation – par l’ensemble de ses créanciers – de son projet de restructuration financière. Incapable d’honorer des engagements bancaires arrivant à échéance en 2004, le groupe avait conclu le 8 juin un accord de renflouement avec sa maison mère Disney, actionnaire à 39 % du groupe, la Caisse des dépôts et consignations, principal créancier d’Euro Disney, Calyon et BNP Paribas, les deux chefs de file des pools bancaires.Mais d’autres institutions financières – moins de la moitié des vingt à trente banques créancières, selon nos informations – se font tirer l’oreille pour ratifier l’accord, qui comprend trois volets principaux. A savoir une augmentation de capital de 250 millions d’euros, l’octroi – par Disney – d’une ligne de crédit de 150 millions et le report de remboursements d’emprunts. C’est sur ce dernier point que les créanciers peineraient à s’accorder. Or, si au 30 septembre les créanciers n’ont pas approuvé le projet à l’unanimité, ils seront fondés à réclamer à Euro Disney les sommes qui leur sont dues. Une exigence que le groupe, en butte à une dette de deux milliards d’euros environ, pour une trésorerie évaluée à 62,7 millions, « ne pourrait satisfaire », prévient-il dans un communiqué.Décrochage. Résultat, l’action Euro Disney a décroché de 16,12 %, hier en matinée, à 0,26 euro, son plus bas niveau depuis son introduction en Bourse en 1989, pour clôturer sur une chute de 12,90 %, à 0,27 euro. Et ce, malgré les propos rassurants de Baudouin Prot : « Je crois qu’Euro Disney trouvera avec ses créanciers un accord dans les délais [impartis]« , a déclaré le directeur général de BNP Paribas, lors de la présentation des résultats semestriels de la banque.De fait, les protagonistes s’emploieraient à trouver une solution très rapidement, au point que la perspective de la conclusion d’un accord « en fin de semaine ou au début de la semaine prochaine ne semble pas complètement impossible », selon une source proche du dossier.Il faut dire que le temps presse. Euro Disney a averti, pour l’exercice 2003-2004 (clos le 30 septembre), d’une perte nette « significativement » supérieure à celle de 56 millions d’euros, accusée à la fin septembre 2003.Le groupe est pris en tenailles entre la hausse de ses dépenses de promotion commerciale et le fléchissement de son activité, qui a diminué de 1 % d’octobre à juin, à 740,4 millions d’euros, en raison, principalement, d’une baisse du taux d’occupation des hôtels.

Christine Lejoux
édition du 03/08/2004

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