Accueil > Fichiers STIC, JUDEX... > Des gendarmes recyclés dans le privé revendaient des fichiers confidentiels

0

MEAUX, 18 mai 2006 – 13h20 (AFP) – Un sous-officier d’active et deux officiers supérieurs de gendarmerie en retraite, accusés d’avoir revendu pour plusieurs centaines de milliers d’euros des fichiers nominatifs confidentiels aux parcs Euro Disney et Astérix à des fins de recrutement, ont été mis en examen mercredi par le tribunal de Meaux (Seine-et-Marne).
Les retraités, anciens capitaine et commandant, ont été écroués. Le troisième, un sous-officier du fort de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), a été placé sous contrôle judiciaire et devrait être suspendu. Mercredi, le parquet du tribunal de Meaux avait ouvert une information judiciaire pour « corruption, recel, violation du secret professionnel et détournement de leur finalité de fichiers informatiques nominatifs », après l’interpellation mardi des trois hommes. Ces interpellations faisaient suite à une plainte déposée en décembre 2004 par Disneyland Paris qui avait découvert que des fichiers confidentiels de la police (Stic) et de la gendarmerie (Judex) étaient vendus à des fins de recrutement à leurs services par des officines de détectives privés. Les trois hommes interpellés sont accusés d’avoir revendu des fichiers comportant plusieurs milliers de noms pour plusieurs centaines de milliers d’euros, au moins depuis 2001. Ces fichiers d’informations confidentielles permettaient à l’employeur de savoir si les candidats avaient ou non déjà eu affaire à la justice, et si leurs noms étaient déjà apparus au cours d’enquêtes. Les dossiers des candidats ayant eu des antécédents judiciaires étaient ensuite rejetés. L’enquête conjointe menée par la police judiciaire et la mission d’Inspection technique de la gendarmerie (« police des polices de la gendarmerie) fait déjà apparaître une liste de 2.500 personnes concernées. Les deux gendarmes en retraite, 62 et 65 ans, s’étaient recyclés comme détectives privés, l’un d’entre eux ayant même créé son entreprise le lendemain de son départ en retraite, pour pallier le trop plein d’activité de son collègue déjà établi. L’un des deux retraités était l’ancien supérieur hiérarchique du gendarme de 52 ans en fonction à Rosny-sous-Bois. « Nous avons tout de suite fait arrêter ces agissements quand nous avons su ce qui se passait, a déclaré à l’AFP un porte-parole du parc Eurodisney. Nous avons agi ainsi pour assurer la sécurité de nos visiteurs, et en guise de bonne foi, nous avons rendu cette affaire publique dans le document de référence de l’année 2004 qui figure sur notre site internet ». « On continue toujours d’agir comme ça pour certains métiers, mais dans un cadre légal cette fois-ci. Pour les agents de sécurité par exemple, il s’agit de voir s’il sont bien agréés », a-t-il commenté. La CFDT d’EuroDisney a exprimé jeudi sa « stupeur » devant la révélation de « pratiques de discrimination à l’embauche ». Selon un ancien officier supérieur de la gendarmerie, une « traçabilité des consultations de ces fichiers, mise en place récemment, permet d’identifier les personnes qui consultent ces fichiers ». cd/ls/pmg/ds

© 1994-2006 AFP

Les commentaires sont clos.

 

Articles complémentaires...